Cher professeur,

Dans: Éditoriaux

Dans quelques jours, tu feras la rencontre de mon fils.

Je t’avertis toute suite, il fitt pas dans l’moule.

Il ne comprendra pas de la même façon que les autres. Il ne travaillera pas de la même façon non plus.

Va falloir adapter ton approche un peu.

Je l’sais, c’pas facile pour toi. Je comprends la situation à laquelle t’es confronté.

J’sais très bien que tu fais c’que tu peux avec les moyens que t’as. Les classes sont pleines et les ressources limitées. Chaque enfant a ses besoins. Ton horaire est chargé au maximum.

Mais n’en demeure pas moins, j’veux que tu t’occupes de mon fils.

Je veux que tu le voies comme j’le vois. J’veux que tu comprennes ses différences. Et que tu agisses en fonction de celles-ci.

J’veux que tu fasses l’effort supplémentaire malgré les mille et une autres responsabilités qui te pèsent déjà sur les épaules.

De mon côté, j’ai fait ce qu’il fallait dans les dernières années. J’ai sorti l’cash. J’ai investi l’temps. J’ai écouté les recommandations des différents spécialistes. Et je vais continuer de faire ce qui est nécessaire pour outiller mon fils en vue d’une réussite scolaire.

Mais j’ai besoin de toi. L’école, c’est pas assez.

Chaque année, j’espère de tout cœur rencontrer un professeur qui sera mon partenaire dans la réussite de mon enfant.

Chaque année en septembre, je souhaite rencontrer un ange qui saura faire la différence. Celle entre la motivation et le découragement. Entre la fierté et la honte. Entre la réussite et l’échec.

J’ai eu la chance d’en rencontrer ces dernières années. Ils sont merveilleux. J’les embrasserais.

J’espère que t’es dans leur gang.

Parce que dans quelques jours, tu feras la rencontre de mon fils qui fitt pas l’moule.

Pis la pire affaire que tu pourrais faire, c’est de l’faire sentir comme un con. Alors qu’il ne l’est pas.

 

Source photo : www.goodtimes.my


Julie Morin

J'envie les héroïnes de films d'action pour leur vie de luxe, leurs habiletés de cascadeuses, leurs talents de séductrice et périples au-travers le monde ... Moi, j'habite un bungalow en banlieue, j'ai toujours mal à quelque part (l'approche de la quarantaine, quoi!), avec le même homme depuis 17 ans, et mère de deux pré-adolescents. On est loin d'un film de Lara Croft! De toute façon, je n'aurais pas les nerfs d'acier requis. J'angoisse ben trop. D'ailleurs, le qualificatif trop m'est souvent attribué. Trop émotive, trop susceptible. Je parle et je rie trop fort (ce qui énerve royalement les deux pré-ados, qui ont honte même dans notre salon). À l'inverse, ça m'en prends pas trop pour être heureuse. Un souper au restaurant, un bon livre, un verre de vin, rire en famille, apprendre, découvrir et écrire.