Courir pour les nuls

Dans: Éditoriaux, Santé et bien-être

Témoignage d’une nulle

Regarder des gens courir avec leur p’tite bouteille d’eau accrochée à une ceinture payée trop cher au Sports Experts m’a toujours donné la nausée. Y’a rien d’fun là-dedans. Pourquoi s’infliger un tel martyre?

L’an passé en juin, ma sœur s’est inscrite à un 10 km et m’a demandé d’embarquer avec elle. Ma première réaction : « Es-tu malade ? » Oublie ça, j’suis pas faite pour courir. Jogger jusqu’à la boîte aux lettres au coin de ma rue me donne envie de cracher du sang. Vraiment. Ça goûte le sang dans ma bouche!! Aweille dont, me disait-elle, t’es en forme, t’es capable. Pis t’as trois mois pour t’entrainer avant la course en septembre! Là, l’orgueil  a embarqué. Ma petite sœur est capable. JE suis capable. Une côte cassée m’a fait manquer ce fameux 10 km en septembre. Mais je l’ai réussi en décembre dernier. Et je n’ai jamais arrêté de courir depuis. Même l’hiver.

C’est le sport le plus difficile que j’ai fait de ma vie. Je fais du work-out depuis 15 ans. Et rien ne pouvait me préparer à ce supplice qu’est la course. Pourquoi s’infliger un tel martyr alors? Justement, parce que c’est un défi continuel. Parce que la fierté d’après dépasse la souffrance endurée pendant. Parce que si c’était facile, tout l’monde le ferait.

À toi qui hésites, voici cinq petits trucs pour les débutants de la course qui vont peut-être te convaincre d’essayer et, surtout, de continuer.

Dépassez le cap des deux semaines

Les deux premières semaines seront horribles. Tu vas capotter, vouloir lâcher. Mais tiens bon. Après deux semaines, ça va devenir un peu plus facile. Le plus difficile, sera de ne pas abandonner avant ces deux atroces semaines.

Respirez!

Essayez pas d’inspirer par le nez pis d’expirer par la bouche. Faites entrer l’air par la bouche et le nez en même temps. Votre corps a besoin d’oxygène plus que jamais. Respirez profondément. Et gardez vos bras les plus détendus possible pour faciliter la circulation sanguine.

Confort avant tout

C’est pas l’temps d’avoir une bretelle de brassière qui vous dérange ou des souliers qui vous font mal. Avant de partir, assurez-vous d’être confortable dans votre linge, vos souliers, vos écouteurs, vos lunettes de soleil, etc. Courir fait assez mal, t’as pas besoin de dérangement additionnel qui va te gruger de l’énergie supplémentaire!

Une musique qui vous fait tripper

Dans vos oreilles devraient bûcher des chansons qui vous donnent envie de danser, de bouger et de vous dépasser. Personnellement, quand ma toune préférée passe, ma motivation double automatiquement. Question de mental j’imagine!

Despacito!  😉 (lentement mais sûrement!)

N’allez pas vite. Surtout pas au début. Essayez plutôt d’aller de plus en plus loin à chaque fois pour travailler votre endurance et votre cardio. Je me suis rendue compte que si je crachais du sang en courant jusqu’à ma boîte aux lettres au coin de la rue, c’est parce que je sprintais jusque-là. Du moment où j’ai ralenti la cadence, j’ai pu augmenter la distance parcourue. Et cette distance, si tu l’as fait une fois, tu sais que tu peux la faire deux fois, alors le but c’est de te dépasser chaque fois. Que ce soit de 100 mètres on s’en fout. Ce sera plus. Toujours plus. Et éventuellement, un 5 km sera un entraînement de base. Si ton objectif est d’augmenter ta vitesse, alors ce sont les intervalles qui sont à privilégier (vite, lent, vite, lent).

 

Courir, ça fait mal. Mais maudit qu’on se sent bien après.

N’y a-t-il pas une course à laquelle tu pourrais t’inscrire pour te donner un objectif?

Bonne chance, bonne course!

 

Photo de couverture : www.courseapied.ca


Julie Morin

J'envie les héroïnes de films d'action pour leur vie de luxe, leurs habiletés de cascadeuses, leurs talents de séductrice et périples au-travers le monde ... Moi, j'habite un bungalow en banlieue, j'ai toujours mal à quelque part (l'approche de la quarantaine, quoi!), avec le même homme depuis 17 ans, et mère de deux pré-adolescents. On est loin d'un film de Lara Croft! De toute façon, je n'aurais pas les nerfs d'acier requis. J'angoisse ben trop. D'ailleurs, le qualificatif trop m'est souvent attribué. Trop émotive, trop susceptible. Je parle et je rie trop fort (ce qui énerve royalement les deux pré-ados, qui ont honte même dans notre salon). À l'inverse, ça m'en prends pas trop pour être heureuse. Un souper au restaurant, un bon livre, un verre de vin, rire en famille, apprendre, découvrir et écrire.