Inondations 2017, le vécu de notre famille

Dans: Éditoriaux

Avoir peur de perdre sa maison dans une inondation historique, aucune famille ne devrait à vivre cela. Nous l’avons vu, cette eau, contre qui l’humain ne peut rien, cette eau si forte qu’elle passe par où elle le désire, détruisant tout ce qui se trouve sur son chemin. Cette eau qui nous tombe sur la tête, pendant que notre chéri place des sacs de sable sans s’arrêter, car IL NE FAUT PAS S’ARRÊTER. Elle viendra détruire cette maison, qui est le rêve de notre vie, ce qui accapare toutes nos pensées et notre budget, celle pour laquelle nous travaillons si fort pour en faire notre nid, notre abris, endroit chéri pour y élever et protéger notre famille.

Oui, nous avons une maison sur le bord du lac des Deux-Montagnes. Nous l’avons acheté il y a presque 2 ans, une modeste maison qui entrait dans notre maigre budget de travailleuse dans le communautaire et commis de cours à bois. Avec nos trois enfants, nous cherchions ce petit bijou à chérir, qui entrait dans notre budget, pour ne pas être trop pris à la gorge avec une hypothèque trop élevée. Un beau dimanche d’avril, nous l’avons trouvée, notre maison, celle qui correspondait à presque toutes nos attentes et en juillet d’après, nous aménagions! Quel rêve, près de l’eau en plus, cet étendu qui magnifie tous nos matins. Et en zone non-inondable, croyez-moi je m’en suis assurée.

Ce printemps, à la fonte des neiges, l’eau est montée certes un peu plus haut que la normale, nous nous sommes inquiétés, sans plus. Pour nous punir de notre insouciance, Dame Nature a appelé une pluie torrentielle pendant 3 jours, et là, nous avons eu peur. Très peur. Des murs de sacs de sable, nous avons commencés à les monter, mais ce n’était pas suffisant contre ta puissance, cette eau qui montait à vue d’œil. Le chéri qui, jours et nuits, renforçais les murs de sacs, installais pompes et tuyau, s’assurant que l’eau ne pourrait s’infiltrer dans la maison. « Faut pas que j’arrête » était devenu son mantra, protéger le nid familial voué à sa perte, devant cette Dame Nature plus forte que tout.

Enfin, la pluie s’arrête, nous restons sur le qui-vive, surveillant pompes et sacs de sable, encore jours et nuits, s’assurant que le tout tient le coup. Le soleil se pointe le bout du nez, aurons-nous gagné cette bataille? Il semblerait que oui!

Mais la nature reprendra le dessus, toujours. Qu’avons-nous fait, tous les êtres humains, pour qu’elle nous en veuille autant? Oui, nous avons construit peut-être trop près de ton lac, de ton fleuve et de ta rivière. Une erreur de jeunesse, petits humains que nous sommes. Comme bon repentant, nous compostons, construisons et achetons des véhicules électriques, faisons attention à notre consommation…

Ce n’est pas juste à nous riverains, à faire attention à la nature qui nous entoure, mais à tous les êtres humains, car nous pouvons tous un jour ou l’autre, être des victimes de cette Dame Nature et voir notre maison se perdre dans une catastrophe digne de sa force…

 

Anick Lorrain


Julie Pinsonneault

Julie est une touche-à-tout qui est guidée par ses passions et une soif de connaissances constante. Elle contemple la vie avec des yeux d’enfants et s’émerveillent devant tout. Grande voyageuse, Julie est une fonceuse, passionnée et rêveuse. Le monde est grand, et jour après jour, elle essaie de se l’approprier peu à peu. Née d’une famille d’agriculteurs et diplômée en communication, elle passe des bottines aux talons le temps de le dire. Julie veut laisser sa trace, empreinte de positivisme.


Vous pourriez aussi aimer