La Course instantanéz : la thérapie du bonheur!

Dans: Éditoriaux

La grande Course instantanéz de la fondation Nez pour vivre vient tout juste de se terminer. Ouf! Un vrai marathon où il aura fallu beaucoup d’audace, de contacts et de détermination pour réussir. Lorsque j’ai décidé de participer à cette aventure qui vient directement en aide aux 18-35 ans atteints du cancer, je n’avais aucune idée, à ce moment-là, dans quoi je m’embarquais. Je participais parce que cette cause me tenait déjà à cœur et que j’ai des amis qui ont été touchés par la maladie. En participant, c’était une façon de contribuer à la fondation tout en m’amusant. Je suis une fille de défis, alors cette course me réjouissait. Je rigolais avec le nez et je faisais connaître cette cause à tous ceux que je croisais sur mon passage. Croyez-moi, j’en ai croisé du monde et j’ai récité mon discours un nombre incalculable de fois. En fait, tu ne peux pas arriver devant quelqu’un en lui demandant de mettre un nez de clown sans explication. Soit tu passes pour une folle, soit tu fais connaître la merveilleuse fondation. J’ai opté pour la deuxième option!

Je savais qu’il y aurait quelques défis, certains plus difficiles ou farfelus que d’autres, mais à ce point? Non! Et je ne pensais jamais que cette parade de défis aurait pris un tout autre sens et viendrait me chercher si profondément dans mon cœur.

 

Quand ta course prend un autre sens

Le matin de la deuxième journée de la Course instantanéz, j’ai appris que l’état de santé de mon ami du secondaire s’était détérioré. De beaucoup. Je savais qu’il était malade; il a un cancer au cerveau. Mais je le pensais mieux, beaucoup mieux. Mon implication pour la fondation a pris une autre tournure. J’ai compris que je ne le faisais pas pour quelqu’un, quelque part, mais bien pour lui. C’est injuste que nous ayons le même âge, mais une vie si différente et que ses inquiétudes soient à la force exponentielle de dix comparativement aux miennes.

Puis, le dimanche suivant, j’assistais à la fête de naissance pour le petit Mathis à venir. Son papa, un grand ami à mon amoureux, a lui aussi un cancer au cerveau. Pour la première fois, je l’ai regardé différemment. J’assistais à une fête à la vie. Il pourra voir son enfant grandir, le serrer et le réconforter. Sa femme aura son mari à ses côtés et ils pourront vivre le bonheur de l’arrivée du petit poupon ensemble. Ma course à moi c’était du pur plaisir; leur course à eux, c’est un combat quotidien.

Mes chers amis ont une cicatrice sur leur crâne qui prouve qu’ils sont allés à la guerre, qu’ils ont affronté l’ennemi et qu’ils se sont défendus de tout leur être. Les défis que j’ai eu à relever, bien que parfois je me demandais comment j’allais réussir, étaient des « peanuts » à côté de leur montagne de tous les jours. Jamais, je n’aurais pu abandonner face à cette course qui avait un début et une fin. Parce que moi, je connaissais la date où tout ce concours serait derrière moi. Eux, c’est un marathon continu, sans pause ni ruban à la file d’arrivée. Je souhaite du fond du cœur, qu’un jour, ils franchissent cette fameuse ligne et enfin, que leur chronomètre s’arrête. Qu’il gagne le prix le plus précieux de la vie : la santé! Cette journée où ils ne seront plus en mode survie, mais juste là, à profiter pleinement de la vie.

 

Tous unis et semblables en portant le nez

Le fameux nez de clown est un symbole si fort et rassembleur. J’ai pu le constater au cours de ces deux semaines intensives. Pour une des rares fois, j’ai senti que nous étions tous égaux avec notre nez porteur d’espoir. Il n’y avait plus de différence d’âge, de nationalité, d’orientation, de statut social, de partis politiques… Nous étions tous « Néz pour vivre ». Du maire de ma ville, M. Michel Fecteau, en passant par M. Mario Pelchat, un grand chanteur, à l’homme d’exception lieutenant-général M. Dallaire, ou encore au politicien et homme d’affaires M. Pier-Karl Péladeau, ils étaient tous fiers de porter cette cause au bout de leur nez. Nous étions tous égaux en une seule et même communauté.

En seulement deux semaines, des milliers de personnes ont été sensibilisées à la cause. Imaginez ce qu’on pourrait faire si nous faisions de cette bataille contre le cancer une course de vie commune.


Julie Pinsonneault

Julie est une touche-à-tout qui est guidée par ses passions et une soif de connaissances constante. Elle contemple la vie avec des yeux d’enfants et s’émerveillent devant tout. Grande voyageuse, Julie est une fonceuse, passionnée et rêveuse. Le monde est grand, et jour après jour, elle essaie de se l’approprier peu à peu. Née d’une famille d’agriculteurs et diplômée en communication, elle passe des bottines aux talons le temps de le dire. Julie veut laisser sa trace, empreinte de positivisme.