La couturière

Dans: Éditoriaux

Il était une fois, une jeune couturière dont l’habileté était reconnue par tous les habitants du village. Le roi eu vent de son immense talent et l’embaucha au château comme couturière principale de sa royauté.  Celle-ci s’acquitta avec joie de son travail prestigieux au château pendant de nombreuses années. Un jour, le roi, veuf depuis des années, se remaria. La nouvelle reine n’aimait pas la couturière et voulu la renvoyer sur-le-champ. Sa Majesté le Roi, sensible au dévouement de sa couturière, pria sa femme de la laisser travailler au château. La reine consentit mais ordonna la couturière aux cuisines, où elle travaillerait dorénavant. La couturière se sentie faiblir. Elle ne savait pas cuisiner!

À la maison, son mari et ses enfants se sentaient bien désemparés devant sa grande tristesse. Elle se sentait humiliée par le geste de la reine et blessée de perdre son travail qui la rendait si heureuse.

Le soir, elle pria pour retrouver son bonheur.

Un jour, un marchand se présenta à la maison de la couturière et déferla sur elle et son mari son indignation face aux récents agissements de leur fille aînée. Celle-ci fût prise à voler au marché du village. Le marchand conjura les parents de punir leur fille pour ce geste odieux, et quitta. Ceux-ci étaient accablés de honte et de peine. Ils punirent leur fille sévèrement. Les jours passèrent, mais le cœur des parents continuait à peser lourd. Chaque soir, la couturière pria pour retrouver le bonheur. Et elle ne pensa plus à son travail.

Peu de temps après, alors qu’elle s’affairait dans son jardin, la couturière fût piquée par un insecte. Prise d’un mal insupportable, elle s’effondra. Son mari la porta au médecin du village, qui lui administra un remède dont les effets ne seraient ressentis que quelques heures plus tard. Le mari remercia le médecin et ramena sa femme en pleurs dans son lit. Ce soir-là, souffrante et fiévreuse, la couturière pria pour que cesse les douleurs. Elle ne pensait qu’à ce plus simple bonheur : ne pas souffrir.

L’épuisement l’emporta enfin et la couturière sombra dans un rêve tourmenté où elle revit ses prières des derniers jours. Trois épreuves difficiles suite auxquelles elle avait prié pour retrouver son bonheur.

Sa première prière lui parût soudainement d’une telle futilité…. les épreuves liées à sa famille et son bien-être ne pouvant être égalées en importance. Le travail devenait secondaire en comparaison.

Le lendemain, son mal disparu, la couturière embrassa sa famille et se rendit sans broncher au château pour travailler.

La couturière, devenue cuisinière, compris qu’elle était avant tout une femme, une mère, et une amoureuse. Sachant cela, elle se garda bien de prier pour le bonheur et se concentra plutôt à le reconnaître dans ce qui compta le plus.

Fin

Source photo de couverture : www.dermassanzug.de


Julie Morin

J'envie les héroïnes de films d'action pour leur vie de luxe, leurs habiletés de cascadeuses, leurs talents de séductrice et périples au-travers le monde ... Moi, j'habite un bungalow en banlieue, j'ai toujours mal à quelque part (l'approche de la quarantaine, quoi!), avec le même homme depuis 17 ans, et mère de deux pré-adolescents. On est loin d'un film de Lara Croft! De toute façon, je n'aurais pas les nerfs d'acier requis. J'angoisse ben trop. D'ailleurs, le qualificatif trop m'est souvent attribué. Trop émotive, trop susceptible. Je parle et je rie trop fort (ce qui énerve royalement les deux pré-ados, qui ont honte même dans notre salon). À l'inverse, ça m'en prends pas trop pour être heureuse. Un souper au restaurant, un bon livre, un verre de vin, rire en famille, apprendre, découvrir et écrire. 


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