La solution

Dans: Style de vie

J’ai été chanceuse dans la vie moi. Ok, chanceuse c’est vite dit. Ça dépend de quoi on parle. Quand j’avais 10 ans, j’avais des amis qui pleuraient leur grand-mère ou leur grand-père décédé de soit un cancer ou même du cœur. Moi, je pouvais encore les voir et même avoir de vraies discussions avec eux. Cependant, j’ai côtoyé la mort de près à l’âge de 11 ans. Le frère de ma meilleure amie d’enfance venait de se suicider. Qu’est que c’est ça le suicide à 11 ans?

Je ne comprenais pas qu’à cet âge, on puisse vouloir mourir par nous-même. Ça été mon premier vrai deuil. Je me rappelle que mes parents ne voulaient pas m’expliquer c’était quoi réellement la cause de sa mort, car on savait que j’étais une personne sensible. Je leurs ai supplié de m’expliquer.  En, fait, je voulais aussi mieux comprendre mon amie qui venait de perdre son grand frère. Je n’ai pas été aux funérailles; je ne voulais pas. Je disais simplement que c’était pour me protéger. De quoi? Je ne sais pas.

À 14 ans, une autre claque en pleine face m’a frappée de plein fouet. Non, je ne perdais pas un de mes grands-parents, ni un ami, un kick d’adolescence. Comment qu’il est mort? Encore le maudit suicide. Il s’était pendu dans son abri tempo un matin frette de début décembre. Ca été violent. J’en ai pleuré une maudite shot ce soir là. Je ne pouvais pas comprendre, pourquoi LUI le petit homme au cheveux vert a décidé de s’enlever la vie. Pendant toute le reste de mon adolescence j’ai du dealer avec mes propres idées suicidaires, ben oui moi la fille qui avait perdu deux amis proches de moi je voulait en finir. À 19 ans j’avais un plan, un après-midi. «c’était l’hiver dans le fond de mon cœur » comme la chanson de Cabrel. Mon père avait eu un mauvais feeling ou peu importe quoi est venu me voir ce jour et il m’a sauvé. J’ai tellement pleuré cette journée là, mais une chose me revenait en tête sans cesse : J’ÉTAIS VIVANTE! Avec le recul je me dit qu’une maudite chance que j’ai rien fait ce jour là. J’aurais manquer le fait d’être la marraine d’un petit bonhomme merveilleux, j’aurais manquer le fait que j’aurais connu le bonheur, le vrai. J’aurais surtout causer de la peine à ma famille et ça pour rien au monde je veux faire subir ça au gens que j’aime.
Merci à mes parents, d’avoir été là pour moi, mais merci à une personne bien précieuse dans ma vie, Jacques Lapointe.
Sans ses mots, son réconfort et quelques phrases qui vont toujours me rester en tête : « Tu sais ma belle, la vie est remplie de petites misère faut pas t’en faire. Tu as mal à l’âme en ce moment, mais dit toi qu’un jour y vas faire soleil,
pis je te le jure.

Le suicide n’est pas une solution, criez, parler, écrivez ou même hurler si ca peux vous aider, car le pire qui pourrait arriver c’est que ca vous fasse du bien.

Jenni 27 ans et VIVANTE!

 

Jennifer Rufiange Sztuka

 

Source photo : pausecafein.fr