Quand tout est une question de proportion

Dans: Santé et bien-être, Style de vie

L’autre soir, j’étais démolie. En fait, démolie n’est même pas un mot assez fort pour décrire comment je me sentais. Mon bébé – allaité exclusivement depuis sa naissance – refusait catégoriquement d’essayer le biberon. Les espoirs de passer une toute petite journée sans bébé étaient donc envolés – du moins, pour le moment. Puis, on m’a remise les deux pieds sur terre:

– Le seul fait que ton bébé ne veuille pas prendre le biberon te met dans cet état-là?
– Oui…
– À part ça, tu as un bon bébé? Elle fait ses nuits, elle mange bien, elle est enjouée?
– Oui…
– Le bébé du voisin de ma cousine a été hospitalisé la semaine passée à cause de (…)…

Ce tout petit problème avait pris des proportions beaucoup trop grandes dans mon esprit. Étant une personne qui relativise beaucoup de manière générale, je n’étais pas fière de mon attitude.

Un peu comme quand je me plaignais de ne pas rentrer dans mes jeans d’avant-grossesse, quelques mois après avoir accouché. Je proclamais à qui veut bien l’entendre que j’en avais assez de porter les mêmes leggings depuis 5 mois et je m’entraînais dans le seul but de pouvoir rentrer à nouveau dans mes vêtements d’avant. Puis, ce jour arriva: le bouton de mes pantalons s’est attaché… et je n’étais toujours pas satisfaite. Combien de femmes auraient donc aimé avoir ce problème-là, c’est-à-dire avoir quelques livres en trop après avoir été enceinte? Combien de femmes aimeraient donc vivre une grossesse et n’en sont pas capables?

J’ai compris l’importance de ramener les situations à de justes proportions il y a longtemps. Je me rappellerai toujours la fois où, lors d’une randonnée périlleuse en montagne, une amie m’a dit «pense à tous ceux qui n’ont pas de jambes et qui ne pourront jamais faire cette excursion». Sur le coup, j’ai ri, mais j’ai vite compris.

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J’ai la chance d’être en santé, d’avoir un toit, d’aimer, d’être aimée, d’avoir un emploi que j’apprécie, d’être mère, d’avoir un bon bébé… Mes besoins essentiels sont comblés, et même plus.

On se permet souvent de se plaindre la bouche pleine, sans penser aux combats que mènent certaines personnes. Nos paroles, parfois insignifiantes pour nous, peuvent en affecter d’autres. En vieillissant – et d’autant plus depuis que je suis mère – je m’impose un certain relativisme. Évidemment, l’être humain n’étant pas parfait, je risque de rechuter et de me plaindre de situations tout à fait banales. En espérant à tous les coups qu’on me ramène sur le droit chemin!

Source photo de couverture : www.coupdepouce.com


Claudia Goulet

Maman d'une petite poule depuis l'automne dernier, Claudia a récemment troqué ses talons hauts pour des espadrilles; plus pratique pour de longues marches en poussette! Ses plus grands rêves? Visiter Disneyworld et vivre dans une comédie musicale. Œuvrant dans le domaine des communications - lorsqu'elle n'est pas en congé de maternité - cette jeune maman carbure aux projets de toute sortes, que ce soit l'organisation d'un voyage, la préparation d'une randonnée ou tout simplement la planification d'un bon souper gastronomique.